Publications

Ciudad francesa de de Neuf Brisach

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:NeufBrisach-003.jpg

Le terme « Asta » vient du sanskrit et se retrouve dans les toponymes de Tartessos, d’autres endroits de la péninsule Ibérique, de la Ligurie italienne, d’Asie et d’Amérique. Il possède différentes significations : « ville », « étoile » et « huit », un nombre que l’on retrouve à la base de jeux initiatiques tels que les échecs ou le jeu de l’Oie, et qui représente horizontalement le symbole de l’infini

Les Villes « Asta »

par Carmina Fort
Décembre 2015

2015_04_25_Sforzinda_Filarete

Sforzinda (ville idéale), conçue vers 1465 par Antonio Averlino.  http://urban-networks.blogspot.com.es/2015/04/aproximacion-al-circulo-como-estructura_25.html

Asteria fut l’un des noms de l’Espagne, de la même racine que le mot espagnol « estrella » ou le mot grec « aster » (étoile), tout comme la divinité cananéenne Astarté, adorée par les « Phéniciens ». Il faut savoir que « phénicien » signifie « rouge » et que Eritrea (Érythrée), qui signifie Pays Rouge, est un autre des anciens noms d’Ibérie. Il est curieux que l’équipe nationale de football espagnole ait fini par être populairement appelée « La Roja » (La Rouge). Et tout comme la couleur du maillot définit une équipe, peut-être la couleur des voiles de certains navires et bien sûr de la principale marchandise précieuse dont ils faisaient commerce, la pourpre, est-elle à l’origine du fait que l’on reconnaisse ces navigateurs marchands comme un peuple apparemment à part, avancé et civilisateur : les inexistants Phéniciens – nom inventé par les Grecs –, qui auraient enseigné au monde l’écriture. La chercheuse Ana Vazquez Hoys montre dans son livre Las golondrinas de Tartessos qu’il y a six mille ans, il existait déjà une écriture sur le sud de la Péninsule. Et il est bien établi qu’à cette époque, l’agriculture existait déjà en cet endroit, favorisant la vie sédentaire, la naissance des villes, l’établissement des sacerdoces, et peut-être le début de la fin des sociétés matriarcales.

Asta signifie HUIT [1], en sanskrit, et est représenté dans la numération ibérique par un cercle avec un point au milieu, le même signe qu’utilisent les hiéroglyphes égyptiens pour désigner Ra, la lumière créatrice ou astre solaire. Les hermétistes l’associent au soleil et à la couleur orange, la couleur des flammes. Les spécialistes de la langue ibère attribuent au signe le son syllabique « gu » ou « cu », et le feu est l’une de ses significations.Asteria fut l’un des noms de l’Espagne, de la même racine que le mot espagnol « estrella » ou le mot grec « aster » (étoile), tout comme la divinité cananéenne Astarté, adorée par les « Phéniciens ». Il faut savoir que « phénicien » signifie « rouge » et que Eritrea (Érythrée), qui signifie Pays Rouge, est un autre des anciens noms d’Ibérie. Il est curieux que l’équipe nationale de football espagnole ait fini par être populairement appelée « La Roja » (La Rouge). Et tout comme la couleur du maillot définit une équipe, peut-être la couleur des voiles de certains navires et bien sûr de la principale marchandise précieuse dont ils faisaient commerce, la pourpre, est-elle à l’origine du fait que l’on reconnaisse ces navigateurs marchands comme un peuple apparemment à part, avancé et civilisateur : les inexistants Phéniciens – nom inventé par les Grecs –, qui auraient enseigné au monde l’écriture. La chercheuse Ana Vazquez Hoys montre dans son livre Las golondrinas de Tartessos qu’il y a six mille ans, il existait déjà une écriture sur le sud de la Péninsule. Et il est bien établi qu’à cette époque, l’agriculture existait déjà en cet endroit, favorisant la vie sédentaire, la naissance des villes, l’établissement des sacerdoces, et peut-être le début de la fin des sociétés matriarcales.

Les fonts baptismaux, qui représentent la résurrection par immersion dans l’eau, ont généralement une forme octogonale à la base ou se dressent sur un plan circulaire de huit piliers.

L’énergie qui se croise dans notre colonne vertébrale forme un huit, et si nous plaçons horizontalement le signe verticale, nous obtenons le symbole de l’infini.

Ce huit, le cercle avec un point au milieu, rappelle le héros dans l’arène, une ville fortifiée, le noyau et les électrons de l’atome, l’œil et la pupille, ou encore la Terre et son noyau, que les anciens appelaient la « Lune noire », sœur de la lune blanche qui éclaire la nuit. Les endroits baptisés Dos Hermanas (deux sœurs), comme la ville sévillane, peuvent être associés aux martyres Justa et Rufina, mais aussi aux deux lunes, que nous trouvons dans la mythologie représentées par Isis et Nephtys, sa sœur compatissante, qui l’aide à retrouver le quatorze parties du corps démembré d’Osiris. On associe également ces lunes jumelles aux deux astres (découverts à ce jour) qui constituent Sirius.

Dans les bâtiments religieux, les étoiles à huit branches abondent et l’on connaît la préférence de l’ordre du Temple pour les constructions octogonales, reflet de leur croix des huit béatitudes ou croix pattée. Une patte-d’oie, en français, est un carrefour s’ouvrant sur deux nouveaux chemins : ceux-là même qui se présentent au héros des contes et l’obligent à choisir l’un d’eux. Il y a des sculptures du Crucifié sur une patte d’oie, comme à Puente la Reina, sur le chemin de Compostelle.

On a trouvé, dans certains sanctuaires consacrés à Lyg (Lug) et Lygina (Lugina), des ex-voto en forme de roue à huit rayons, et ces anciens dieux d’Occident qui représentent la lumière – qui donnèrent à la péninsule Ibérique son ancien nom de Lygistiké – et ont pour symbole le lion, couché, rampant ou ailé, correspondraient à l’ère du Lion, il y a environ dix mille ans ; un lion que nous retrouvons représenté sur certains vieux blasons d’Ibérie, dans les cultures de la Mésopotamie, et dans le Sphinx de Gizeh.

ancient-Mesopotamian-eight-pointed-star

L’étoile à huit branches qui représentait Inanna/Ishtar en Mésopotamie et sûrement Astarté à Tarte(-sos) fut également l’insigne de l’ordre de Santa Maria d’Espagne ou ordre de l’Étoile au Moyen Age. https://es.wikipedia.org/wiki/Ishtar

L’étoiles tartessienne, celle qui en Orient représentait Inanna/Ishtar et en Occident Astarté, possède huit branches ; et pour les Grecs, Pi représentait 80, le numéro atomique du mercure, l’élément féminin dans le travail alchimique.

Il y a aussi les 64 trigrammes du I Ching, huit fois huit, et le même nombre de cases aux échecs et dans le jeu de l’Oie, en comptant celle représentant le jardin et que l’on peut peut-être relier à la chanson pour enfants « Al jardín de la alegría quiere mi Madre que vaya… » (Au jardin de la joie, ma mère veut que j’aille…). Enfin, l’enfant réalise un huit lorsqu’il passe à travers le canal de la naissance.

On voit donc que « asta », le numéro huit, est généreusement représenté dans la vie, la culture et la spiritualité de la Terre.

Asta et Estar [2]

Le nombre sanskrit asta, « huit », est étroitement lié au substantif sanscrit asta, « foyer, maison », ne différant que par la prononciation et grammaticalement, dans le type de ponctuation (tout comme le faisaient encore récemment les langues apparentées au sanscrit telles que l’hébreu ou l’avestique où, en fonction de la ponctuation, un mot pouvait être un substantif ou un nombre). À leur tour, tous deux semblent dériver du verbe asti : « être, se trouver, exister ».

Dans les langues de racine indo-européenne, comme le grec ancien, asti en est venu à signifier « ville ». Il semble que la même chose se produisit avec l’ibère, où l’on trouve un grand nombre de noms de ville (que nous verrons ci-dessous) commençant par ast-, asta- ou asti-. Compte tenu du fait qu’il existe en Ibérie des villes aussi anciennes ou plus anciennes que la culture hellénique, on ne comprend pas vraiment ceux qui défendent une origine exclusivement grecque de cette manière de nommer les villes.

En entendant le mot Asta, en espagnol, nous sommes incités à faire immédiatement l’association avec la corne du taureau ou avec la bannière laissée en berne en signe de deuil ou de tragédie, qui se disent également asta. De fait, il y a une raison tragique historiquement associée aux villes qui ont porté ce nom.

Asta contient la racine de estar (être, se trouver) et l’on comprend immédiatement l’association avec la maison, avec l’endroit par excellence où l’on réside, et avec le feu qui permet le « foyer ». Les plus perspicaces auront également pensé à l’ « as » du jeu de cartes, l’Un. Asta, comme Hestia, la très ancienne divinité grecque de la maison décrite par Platon, contient étymologiquement un mélange de ser-esse et d’estar-stare : As-ta. Même dans son pictogramme ibérique, un cercle représente l’As, l’Un, l’Être ; et un point représente l’as-ta, l’endroit où l’on se trouve, dans l’immensité de l’Être.

Círculo

Astapa

La population d’Astapa, aujourd’hui Estepa, prit la même décision que les habitants de Numancia : s’immoler pour éviter les conséquences sauvages de tomber entre les mains des troupes romaines qui les avaient assiégés. Tite-Live décrit les faits et comment certains soldats périrent en essayant de sauver, de l’immense bûcher où les corps des habitants se consumaient, leurs trésors d’or et d’argent qui brillaient au milieu des flammes et des cendres.

Astapa fut construite au sommet du Cerro de San Cristobal, de 1.555 mètres d’altitude et de forme conique, une forme qui est généralement identifiée avec la Déesse, dans sa forme ascendante de feu, et qui est complétée par le triangle inversé qui indique la direction de l’eau qui arrive sur la Terre pour la faire fructifier, engendrant le double triangle ou étoile de David. Le Zohar nous dit que ce sont la Mère, Binah, et la fille, Malkhout ou le Monde, dissimulée à certaines époques sous une apparence masculine, tout comme la jeune fille portant les vêtements de son frère, mais embellie par les bijoux de sa mère, dans un épisode de L’Île de Barataria de l’histoire de Don Quichotte.

La plaine qui s’étend devant la colline était anciennement sous eau, la navigation étant le moyen de transport le plus habituel entre les communautés tartessiennes. L’Ibérie est pleine de « collines » (cerros), un terme qui signifie « cou de l’animal », dans notre cas, celui du taureau. Et dans le cou de la constellation du Taureau, se trouvent les Pléiades, les filles d’Atlas, l’atlante ou le géant.

Astapa devint Estepa, la ville s’étendit sur le versant de la colline, et Alfonso X, la remit à l’ordre de Santiago, qui fit construire par des constructeurs biscayens, aux XVème et XVIème, en haut du Cerro de San Cristóbal, l’église de Santa María la Mayor, sur les vestiges d’une église gothique, qui reposait sur une ancienne mosquée, elle-même construite sur un temple antérieur.

Il semble qu’Astapa remplaça une autre ville du même nom, centre et pépinière irréductible d’anciens cultes et traditions reliés à Tartessos, et qu’elle bénéficia de la proscription décrétée par Rome contre celle-ci.

Asta Regia

Asta Regia était connue parmi les historiens de l’Antiquité comme Asta ou Astapa, qui signifie « la première Asta », « la ville principale ». La première Étoile, qui deviendra Asta Regia, la ville-État résultant de la fragmentation et du déclin du royaume de Tartessos, que les historiens fixent vers 600 avant J.-C., même si elle aurait perdu sa splendeur quelque cinq siècles auparavant. De son dernier nom, on pourrait déduire qu’elle était gouvernée par un roi, mais on pourrait aussi l’interpréter comme « Étoile royal » ou « Regina Coeli », Reine du Ciel. Et un tel nom n’est pas surprenant, car de nombreux aspects du catholicisme, symboles et titres de la Vierge, comme celui mentionné ci-dessus, ont été empruntés aux cosmogonies chaldéennes, indiennes ou babyloniennes.

La Reine du Ciel c’est aussi la Lune, qui apparaît dans toutes les représentations de la Vierge, pleine lune dans un tableau Velázquez, et lune croissante dans les autres, symbolisant les cornes d’Hathor, la déesse Vache, ou la Vache à la voix mélodieuse, dans la cosmogonie indo-européenne, qui est apparentée aux « Venus » paléolithiques, comme celle de Laussel, avec une corne dans la main droite – de mammouth, dit-on – qui renvoie clairement à une lune croissante. La voix mélodieuse est la vibration qui donne naissance au monde : « Au commencement était le Verbe », dit l’Évangile de Jean, dont certains spécialistes attribuent la paternité littéraire à Marie de Magdala.

D’après Strabon, Asta était un lieu de rencontre des habitants de Cadix, peut-être parce qu’il s’agissait d’un endroit sacré où avaient lieu des cérémonies religieuses dans la suite d’anciens cultes, avec peut-être des temples à l’Hercule gaditan (Melkart) et à Ménesthée.

Il existe, entre Asta Regia et les villes du Languedoc médiévale, plusieurs coïncidences : tout comme les généraux romains arrivèrent en Andalousie pour s’approprier leurs richesses, obtenir les honneurs devant le Sénat par leurs conquêtes et mettre un frein aux anciens cultes de la population soumise ; de la même manière, les armées papistes dirigées par le roi de France rasèrent les villes et brisèrent les croyances des Albigeois, s’appropriant leurs terres, leurs châteaux et leurs titres de noblesse, qu’ils partagèrent avec d’ambitieux membres de l’Inquisition. Dans les deux cas, leurs dirigeants respectifs moururent pendant le siège.

Tite-Live raconte que Caius Atinius, qui affirmait avoir tué six mille Lusitaniens sur le territoire d’Asta [3] – mercenaires ou volontaires venus défendre l’endroit – et mis le reste en fuite, mena ses légions au siège d’Asta, mais en s’approchant des murs, il reçut une blessure dont il mourut peu de jours après. De même, Simon de Montfort, chef des envahisseurs du Languedoc, succomba au cours du siège de Toulouse d’une pierre lancée par les assiégés du haut des remparts.

Dans le Languedoc, les seigneurs qui avaient soutenu un changement spirituel et social devinrent des faydits, des fuyards ; certains de ceux qui décidèrent de rester ou ne purent échapper furent, ainsi que le reste de la population, victimes de persécutions, de tortures, d’humiliations, de la prison à vie collés à un mur ou de la mort sur le bûcher.

De son côté, Asta disparaît de l’histoire après avoir été conquise par les Romains vers 180 av. J.-C. et ne réapparaît dans les chroniques qu’à l’époque de César, dans sa guerre contre Pompée, près d’un siècle et demi plus tard. On croit que l’ancienne ville fut punie par la perte de la plus grande partie de son territoire, au profit de Gades (Cadix), qui sera élevée au rang de municipe par César, avec l’octroi de la citoyenneté à ses habitants, tandis qu’Asta Regia fut, du fait de sa résistance, convertie en colonie. Ses habitants n’obtiendront la citoyenneté que lorsque Vespasien étendit le droit latin à tous les habitants libres d’Hispanie, en 75 apr. J.-C.

Ils ne couvrirent pas Asta de sel, comme ils le firent à Carthage, mais de bâtiments et de constructions romaines, qui absorbaient et neutralisaient les anciens, et où ne manqua pas un temple dédié au culte impérial. Et des milliers de colons venus d’Italie allèrent s’installer dans la région, recevant des terres qui appartenaient à la population indigène. Tout comme dans le Languedoc.

Mesas de Asta

Il y a soixante-dix ans, l’historien Manuel Esteve, avec peu de ressources et grand enthousiasme, fit pendant quatre saisons des fouilles dans la vieille Asta Regia, à Mesas de Asta où elle est enterrée.

Selon ses calculs, la ville avait une superficie d’environ 42 hectares, plus 32 hectares de nécropole, une extension qui la mettait au niveau des plus connues et des plus peuplées de la Bétique, telles qu’Italica, 32 ha et 15.000 habitants, et Carmo ou Carmona, 47 ha et 23.000 habitants.

Mesas de Asta se trouve à mi-chemin entre Jerez, l’ancienne Ceret, et Trebujena. L’étymologie de Jerez est, pour certains, « Ceres », pour d’autres, « fils de Jer », un terme en rapport avec l’Oie. En revanche, le nom de Trebujena ne présente aucun doute : en sanskrit, il signifie « le Triangle de la Déesse », d’Ana, ce qui donne une idée de l’antiquité et de l’importance de cette partie du territoire de Tartessos.

Manuel Esteve défendait même qu’Asta Regia était la fameuse ville de Tartessos si recherchée. L’une de ses découvertes fut l’endroit qui porte le toponyme de « le quai », ce qui vient renforcer la chronique de Strabon à propos de l’évidente condition de navigabilité de la ville à travers les estuaires qui facilitaient le commerce. De fait, dans la ville d’Athènes du Vème siècle av. J.-C., on a trouvé des traces de produits provenant d’Asta tels que du vin et des salaisons.

Les chercheurs ne sont pas retourné à Mesas de Asta pour poursuivre le travail d’Esteve, seuls s’approchent de l’endroit les pillards occasionnels, qui opéraient déjà à l’époque romaine, à la recherche des objets funéraires des sépultures.

Le mystère d’Asta Regia mériterait bien qu’on fasse des efforts pour le démêler.

 

articulos-84765

Photo datée du 5 décembre 2010 http://andaluciainformacion.es/andalucia/154475/ipj-abandera-la-recuperacion-del-yacimiento-de-mesas-de-asta/

Astigi ou Ecija

Ecija fut habitée depuis le paléolithique et on a localisé dans la région un grand nombre de tholoi, grottes artificielles ou silos souterrains constituant des tombes collectives, qui seront remplacées des milliers d’années plus tard, par le rite de la crémation.

C’est à Ecija que l’on trouva, en 1888, l’un des premiers exemplaires de vase campaniforme, aujourd’hui au Musée archéologique de Séville, ce qui vient appuyer l’opinion largement répandue que cette culture naquit en Andalousie, et s’étendit progressivement dans le reste de l’Iberia et de l’Europe.

Il y a trois mille ans, en plein âge du bronze, la population s’installa sur le Cerro San Gil, près de la rivière Genil, qui était alors navigable jusqu’à la ville. La romanisation en termina avec la culture ibérique en surface, mais l’eau continua de couler sous terre et le souvenir inoubliable de la Déesse Mère alla s’exprimer dans la Virgen del Valle (Vierge de la Vallée), patronne d’Ecija.

Fernando III conquit Ecija en 1240 et son illustre fils Alphonse X la repeupla de chrétiens, nommant une commission pour l’attribution des maisons et des terres, parmi les 32 villages qui composaient le territoire fertile. C’est peut-être un hasard, mais le système des koinès [4] pratiqué à Tartessos se faisait en imitant les abeilles, qui ont exactement 32 chromosomes, huit fois quatre, le même nombre de « chemins de sagesse », que contemple la Kabbale pour la formation de l’Homme.

Ecija avait, dans l’Antiquité, un temple dédié au soleil ; elle est aujourd’hui connue comme la ville des tours, et la plus baroque d’Andalousie, avec de nombreuses constructions civiles et religieuses, dont une vingtaine de couvents de tous les ordres.

Elle souffrit également les coups des nouveaux « romains » comme l’archidiacre Ferrán Martínez qui y naquit et qui exerça, depuis Séville, son despotisme destructeur envers tout ce qui était juif. Les sept « enfants » d’Ecija furent de célèbres brigands et patriotes – conditions qui vont généralement ensemble – à l’époque de l’invasion française.

Entre Estepa et Ecija se trouve Marinaleda, près du ruisseau de l’Andrade. Selon la mythologie grecque, l’oie Leda, fécondée par le cygne Zeus, pondit deux œufs d’où seraient nés les deux paires de jumeaux ou androgyne primordiaux. Et puisque Andere ou Andrade signifie Dame en langue basque, l’union de Marinaleda et Andrade nous donne le nom de la Dame Leda ou la Dame Oie marine.

Attachée à Puerto de Santa María, nom donné à la ville par décision d’Alphonse X après la reconquête, nous trouvons la localité de La Andreita, traduisible par la jeune Dame ou la Fille. La mère, Déméter, et la fille, Perséphone, retenue par Hadès dans ses domaines souterrains. Et quand on en arrive là, il n’est pas difficile de relier le nom d’Astigi avec le Styx (la laguna Estigia) infernal.

Astorga

L’étymologie d’Astorga contient au moins deux interprétations : Asta-argé signifie en langue chaldéenne, prédécesseur de l’hébreu, « Ville de la Lune » mais aussi « Étoile de l’Arche ». On retrouve cette même racine dans le nom de Arganthonios, dernier roi connu de Tartessos, qu’on appelle « l’Homme d’Argent », que l’on devrait peut-être lire « Homme de la Lune », dont le symbole est l’argent, la couleur blanche, la pureté, le féminin, le divin, une lune que nous retrouvons au pied de la Vierge à la tête nimbée d’étoiles.

L’argent émet un spectre vert, et dans les processions des vierges noires médiévales, on brûlait en leur honneur des cierges de couleur verte.

Centre stratégique de communications, carrefour entre le Chemin de Compostelle et la Vía de la Plata (ab lata : latéral), porte d’entrée naturelle vers la Galice, Astorga a été construite sur un promontoire de quelque mille mètres, le long de la mer intérieure qui couvrait alors une partie de l’Ibérie. On l’appelait alors Astyr ou Astur, comme la rivière voisine, aujourd’hui l’Esla, avec sur ses rives des villages aux noms curieux, tels que Villanueva de las Manzanas (trad. : Ville neuve des Pommes) – les « Villanuevas » sont toujours les plus anciennes –, comme s’il n’y avait pas de pommes – et donc de cidre – dans le reste du nord péninsulaire. Sur les rives de l’Astur (ou de l’Esla), nous rencontrons aussi les villages de Breto et Bretocina. Si nous rembobinions un peu pour tisser les noms de lieux, il se pourrait que nous nous trouvions dans le jardin mythique des Hespérides, dont les pommes d’or (symbole de la sagesse) pendent à l’endroit où Hercules-Melkart, le héros ibère, est allé les chercher, fécondant en passant les nymphes qui en prenaient soin et qui donneront le jour à Celto et Breto, des castes sacerdotales qui effectuèrent un long et fructueux parcours historique. Quand les peuples dits Celtes arrivèrent en Ibérie, peut-être ne faisaient-ils que rentrer chez eux.

Ligurie et autres terres

Si nous sautons de la péninsule Ibérique à l’Italique, au pays des Ligures, nous rencontrons plusieurs villes Asta : dans le Piémont, Asti ; à l’ouest de Gênes, Asta ; au nord de l’Étrurie, une autre Asta, toutes fondées par des tribus originaires de la Lygistiké, le pays de l’extrême occident, le pays des dieux de la Lumière, Lyg et Lygina.

Il semble également avoir existé une île jumelle de la Crète appelée Asti Paleia. Ce ne serait pas surprenant : on trouve dans la Crète actuelle, l’un ou l’autre symbole qui ressemble à d’autres découverts à Asta Regia et dessinés par Manuel Esteve.

Dans l’Empire hittite, on enregistre une ville du nom d’Astata ; et le nom du peuple « aztèque » pourrait dériver d’Asta.

La ville d’Astana est, depuis 1998, la capitale du Kazakhstan, qui occupe une petite partie de ce qui était autrefois l’Empire khazar ; les Kazakhstanais traduisent son nom par « la ville capitale ». Les anciens Khazars parlaient une langue d’origine scythe, – rappelons qu’Eskeria ou Eskyta est un autre des anciens noms de l’Espagne –, avec des apports du turc. Dans leur nouvelle capitale, ils ont construit un bâtiment en forme de pyramide, réplique de la montagne Ulytau, « la mère de la patrie », où se trouve le sommet le plus sacré pour eux : celui d’Uly Ana.

Les Khazars étaient si puissants au début du Moyen Age, que la mer Caspienne s’appelaient alors mer Khazare.

Entourés d’empires musulmans et chrétiens, un sage conseilla au roi khazar et à ses courtisans d’abandonner les anciens cultes et de se convertir au judaïsme, mais cela ne se produisit pas comme en Espagne où Récarède imposa à toute la population la foi catholique à laquelle il s’était converti en remplacement de l’arianisme. Une partie de la population khazare choisit l’islam ou le christianisme. Saint Cyrille y fut envoyé pour les catéchiser par un haut personnage de Byzance qu’on appelait « le Khazar ».

Ces terres et cette ethnie est à l’origine des Ashkénazes, qui se dispersèrent à partir du XVIIIème siècle en Europe centrale et Europe de l’Est, puis dans le monde entier, et constituent aujourd’hui quatre-vingt dix pour cent de la population dite juive, qu’on devrait plus justement appeler population hébraïque, car il eut d’autres tribus que celle de Juda.

Les faits sont décrit en détail dans le livre La Treizième Tribu : l’Empire khazar et son héritage d’Arthur Koestler, un juif qui voulait mettre fin à la stigmatisation de déicide de son peuple, montrant qu’ils ne tuèrent pas le Christ car ils n’eurent aucun contact avec la Palestine avant les migrations du XIXe siècle et la fondation postérieure d’Israël. Une aspiration, et pas un retour, à cette « Terre Promise » autrefois habitée par les Cananéens-Phéniciens, les gens d’Occident, d’Ibérie. Il est curieux que le roi d’Espagne porte le titre de Roi de Jérusalem.

Terminons en signalant que certaines traditions attribuent la transcendance, la permanence et la signification sacrée du numéro 8 au fait que les sept points subtils attribués à l’homme deviennent huit quand ils s’unissent à l’Homme primordial, l’Adam kadmon, le Messie, le Christ qui vient à la Terre à chaque Ère pour donner une impulsion à l’évolution de l’Humanité.

Et si la « Terre Promise » était la Terre entière ?

L’image de couverture est celle de la ville française de Neuf-Brisach.
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:NeufBrisach-003.jpg

[1] Dans le Rig-Veda, c’est un numéro qui s’écrit « asta » devant une consonne et « astav » devant une voyelle [Gvozdanovic (ed.), Indo-European numerals. New York, 1992]. Dans le dictionnaire sanscrit Monier-Williams, il figure comme « astan ». Excepté l’accentuation, il est identique au mot asta = maison, foyer, endroit où l’on se trouve. Ils semblent tous deux dériver de « asti » = être (en espagnol : ser), un peu comme Platon dérive le mot Hestia (qui est à la fois la déesse de la maison et celle du feu du foyer), avec d’un côté l’Être (esse en latin et ser en espagnol) et de l’autre la situation (stare en latin et estar en espagnol). (N.d.T. : Les verbes espagnols ser et estar se traduisent tous les deux par « être » en français ; en simplifiant un peu, on pourrait dire que le premier (ser) se réfère à une qualité essentielle tandis que le second (estar) renvoie à un état).

[2] N.d.T.: cf. note 1.

[3] N.d.T. : On trouve aussi en français l’orthographe Hasta.

[4] N.d.T.: Se réfère à l’unité culturelle atlantique durant l’âge du bronze.