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« Les choses sont ce qu’elles sont » avons-nous coutume de dire et pourtant, jour après jour, la science détruit toutes les certitudes et tous les dogmes sur lesquels s’appuient notre perspective conventionnelle. Malgré cela, notre pensée se barricade sur le terrain de ce qui est probable, ignorant que ce probable n’est qu’une infime partie du possible.

Dans ce nouvel article, Manuel Bautista Aranda, ingénieur aéronautique, nous propose plusieurs cas, amplement constatés, où la norme resta en suspens devant l’inexplicable.

À propos des facultés énigmatiques 

de certains êtres humains (1)

Manuel Bautista Aranda
Avril 2013

L’existence d’êtres dotés de facultés exceptionnelles, de facultés qui excèdent de loin celles que possèdent les gens que nous pourrions qualifier de « normaux », m’a toujours intéressée. Dans certains cas, il s’agissait de personnes qui étaient nées ainsi, mais dans d’autres, il s’agissait de gens normaux qui, un beau jour, sans avoir rien fait de spécial et sans savoir pourquoi, découvraient qu’ils avaient une faculté particulière, un certain « don », un certain « pouvoir », quelque chose que n’avaient pas les autres.

Dans la littérature consacrée à l’étude de ces « phénomènes », on décrit un bon nombre de cas de personnes possédant des facultés surprenantes, certaines ayant vécu dans le passé et d’autres vivant encore parmi nous. Ces histoires sont généralement très attirantes pour le public et ce grand attrait favorise l’abondance de fraudes, d’imitations, voire d’erreurs de bonne foi. Comme il n’est généralement pas à notre portée de vérifier la véracité de chaque cas, et comme il ne nous est pas toujours possible de séparer le bon grain de l’ivraie, nous conservons finalement un fond de suspicion et de doute quant à l’authenticité de ce qu’on nous raconte.

Je me suis personnellement toujours demandé pourquoi certains êtres pouvaient avoir ces facultés exceptionnelles et pourquoi le reste ne les possédait pas ni ne savait que faire pour les obtenir.

Mais avant d’entrer dans un type de considérations quelconque et pour que le lecteur sache clairement ce à quoi je me réfère quand je parle de facultés exceptionnelles, je vais présenter trois exemples concrets. J’ai choisi ces trois cas parce qu’ils sont bien documentés, de sorte que le lecteur – qui pourrait être d’accord ou pas avec les considérations que je ferai plus loin – ne puisse avoir de doutes raisonnables quant au fait qu’il s’agisse de cas réels. Commençons par le premier.

EDGAR CAYCE : Un homme inculte devient médecin sous hypnose

Ce que le cas d’Edgar Cayce a de surprenant, c’est que bien que n’ayant qu’un niveau de formation très élémentaire, sans étude ni expérience dans le domaine médical, il soit parvenu à devenir célèbre pour ses extraordinaires guérisons. À tel point qu’il y eut une époque où le délai d’attente pour les nouveaux patients était de deux ans.

Le « phénomène » Edgar Cayce est indiscutablement l’un des mieux étudiés. De très nombreux livres ont été écrits sur sa vie et son œuvre, dont 45 sont en français [1]. À l’Association A.R.E. (Association for Research and Enlightenment, Inc) à Virginia Beach (États-Unis), des milliers et des milliers de documents ont été déposés ; on y trouve des « lectures », des témoignages, des commentaires, des rapports médicaux, etc.

Edgar Cayce est né le 18 mars 1877, près d’Hopkinsville (Kentucky, États-Unis), de parents fermiers d’un bas niveau culturel. À 7 ans, il entra à l’école du village, mais il dut la quitter à l’âge de 16 ans pour aller travailler à la ferme de sa grand-mère paternelle et aider économiquement sa famille. Un an plus tard, la famille Cayce s’en alla vivre à Hopkinsville et Edgar se mit à travailler dans une librairie.

En 1900, Edgar a 23 ans et nous le retrouvons à voyager de ville en ville, vendant des assurances, des livres et du matériel de bureau. C’est en mars de cette année que commencèrent à se produire les événements qui allaient marquer la direction que suivrait sa vie. Tout commença par une forte extinction de voix. Au début, il n’y accorda pas d’importance, pensant que ce serait passager. Mais malgré tous les efforts des médecins, il ne parvenait pas à retrouver la voix, à tel point qu’il dut renoncer à son travail de vendeur et aller vivre chez ses parents. Au bout de six mois, convaincu que son mal était incurable, il accepta une modeste place d’apprenti-photographe.

À cette époque, les spectacles théâtraux avec séances d’hypnotisme étaient fréquents. Un hypnotiseur renommé du nom de Hart arriva à Hopkinsville pour une représentation. Il entendit parler du problème de Cayce et proposa d’essayer de le soigner au moyen d’une séance d’hypnotisme. Edgar pensa qu’il n’avait rien à perdre et accepta de s’y soumettre. Sous hypnose, il put parler normalement, mais en revenant à l’état conscient, il en devint à nouveau incapable. L’expérience se renouvela plusieurs fois et le résultat fut toujours le même. Hart dut s’en aller, mais bien que tout redevînt comme avant, l’idée que l’hypnotisme était peut-être être la voie adéquate pour obtenir la guérison de Cayce était là.

Un voisin du nom d’Al Lyane, hypnotiseur également et possédant quelques connaissances en médecine, s’offrit pour continuer les essais. Il eut l’heureuse idée de demander à Cayce, sous hypnose, de lui dire quelle était la cause de son mal et comment le soigner. Et à la surprise de tous, Cayce d’une voix claire déclara : « Dans les conditions ordinaires, ce corps est incapable de parler à cause d’une paralysie partielle des muscles inférieurs des cordes vocales, paralysie due à un surmenage nerveux. Il s’agit d’un problème psychologique engendrant un effet physique. On peut y remédier en augmentant la circulation sanguine dans les zones affectées. » (Réf. 2). Il donna également des instructions concrètes quant à la manière de provoquer cette augmentation de la circulation sanguine, des instructions qui furent suivies à la lettre. À la fin de la séance, Cayce, qui avait passé plus d’un an à ne pouvoir faire autre chose que chuchoter, avait totalement récupéré la voix.

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Edgar Cayce – 1943 (http://www.edgarcayce.org/are/mediaGuidelines.aspx?id=2268)

Cela se produisit le 31 mars 1901 et révéla des facultés qu’Edgar Cayce lui-même n’avait jamais soupçonnées, il venait d’avoir 24 ans. Une fois qu’il eut récupéré la voix, il ne pensa plus qu’à se forger un avenir de photographe et à former une famille. Comme il était totalement ignorant des questions médicales, il refusa à maintes reprises de participer à toute expérience pour essayer d’aider d’autres personnes de peur de prescrire quelque chose qui pourrait leur nuire.

Mais Layne ne voyait pas les choses du même œil. Il pensait que cela ne pouvait pas en rester là. Lui-même, qui souffrait de maux gastriques depuis longtemps et ne parvenait pas à les soulager, souhaitait devenir le « patient » de Cayce. Après avoir beaucoup insisté et assuré à Cayce que, dans le cas improbable où il lui prescrirait un traitement susceptible de lui nuire, il avait les connaissances médicales suffisantes pour le savoir et ne pas le suivre, Cayce finit par accepter. Une fois sous hypnose, Cayce décrivit de manière détaillée l’affection de Layne et prescrivit pour sa guérison un traitement qui incluait des plantes médicinales, un régime et certains exercices. Au bout de trois semaines de ce traitement, ses maux d’estomac avaient presque disparus.

Layne était emballé, mais Cayce voulait juste se marier, avoir des enfants, travailler comme photographe et mener une vie tranquille. L’attaquant par son côté religieux, car Cayce était un fervent croyant, Layne lui fit remarquer que si Dieu lui avait donné ce don, il avait la responsabilité morale de l’utiliser au bénéfice des autres. Après bien des doutes et diverses consultations, Cayce accéda, mais faisant très clairement comprendre qu’il interromprait automatiquement cette pratique si l’une de ses prescriptions s’avérait dangereuse. En outre, il n’accepterait aucune rétribution, il continuerait d’être photographe et se limiterait à deux séances par jour maximum.

À partir de ce moment-là, il commença à voir des « patients ». Le procédé qu’il suivait dans chaque séance était presque toujours le même : il enlevait ses chaussures, dégrafait le col de sa chemise, se couchait sur un divan ou sur un lit, croisait les mains sur le plexus solaire, se détendait et, au bout de quelques minutes, tombait endormi. Dans cette situation, une personne de confiance – ce fut d’abord Layne, plus tard son épouse Gertrudis, ensuite son fils Hugh Lynn et d’autres personnes également – lui indiquait le nom du patient et l’endroit exact où il se trouvait ; il pouvait en effet également exercer ses facultés sans que la personne ne soit présente et même si elle était très loin. Ensuite, on lui posait les questions pertinentes et Cayce y répondait.

Au début, c’était Layne qui prenait note de ce que disait Cayce pendant les séances. Il appela ce qu’il écrivait à chaque séance une « lecture ». Par après, on engagea une secrétaire, Gladys Davis, qui sténographiait tout ce que Cayce disait pendant qu’il était en transe. Elle le passait ensuite à la machine, envoyait l’original à l’intéressé et archivait une copie. À l’Association A.R.E. précédemment citée, se trouvent archivées, à disposition de celui qui désire les consulter, un total de 14.306 « lectures ».

Cayce, cependant, continua de travailler comme photographe et, bien qu’il ne voulût jamais faire la moindre propagande de ses dons, malgré qu’il ait reçu des propositions économiquement très tentantes pour le faire, sa réputation augmenta d’année en année. Les malades venaient de tous les environs et parfois d’endroits très éloignés.

Les réactions des médecins devant le « phénomène Cayce » furent au début un peu inégales. Certains refusaient de prescrire les remèdes qu’avait recommandés un ignorant comme Cayce. Il fut d’ailleurs plusieurs fois examiné par des médecins qui redoutaient d’avoir affaire à un imposteur. L’un d’entre eux, le docteur Westley Ketchum, envoya en 1910 un rapport à la Clinical Research Society de Boston dans lequel il qualifiait Cayce de génie de la médecine. Le journal « The New York Times » obtint une copie de ce rapport et publia un long article intitulé « Un homme inculte devient médecin sous hypnose ». Avec cet article et d’autres qui suivirent, les patients de Cayce augmentèrent au point de constituer une véritable avalanche. Finalement, il dut renoncer à son travail favori de photographe et se consacrer pleinement à ses « lectures » ; il en réalisait jusqu’à huit par jour. Malgré cela, le délai d’attente, comme je l’ai déjà dit, était parfois de deux ans.

Le temps plein qu’il y consacrait et les nombreuses séances finirent par affaiblir Cayce. Ses propres « lectures » lui recommandaient le repos, mais il ne pouvait cesser d’aider les nombreuses personnes qui venaient à lui. Il décéda finalement le 3 janvier 1945, âgé de 67 ans.

Il existe de nombreux écrits sur les guérisons réalisées. Je vais en citer l’une d’elles, à titre d’exemple, dans laquelle le patient fut son propre fils, Hugh Linn, qui avait alors 6 ans. L’enfant, jouant dans le laboratoire photographique de son père, s’était gravement brûlé les yeux avec la poudre de magnésium servant au flash. Les médecins déclarèrent que l’enfant ne recouvrerait pas la vue et préconisèrent l’ablation d’un œil. Cayce, dans l’un de ses « sommeils », manifesta une perception des choses bien différente. Il affirma que son fils devait rester dans une chambre obscure pendant deux semaines, en ayant constamment sur les yeux des compresses imprégnées de la solution spécifiée par les médecins, mais à laquelle il ajouta un autre ingrédient. C’est ce que l’on fit et quand, au bout de deux semaines, on lui ôta ses bandages, l’enfant voyait (Réf. 1).

Edgar Cayce, à l’état de veille normal, continuait d’être un ignorant en matières médicales et il était incapable de comprendre le contenu de ses propres « lectures ». Quand on lui demanda un jour alors qu’il était « endormi » comment il obtenait toute l’information de ses « lectures », il répondit qu’il l’acquérait à travers deux sources de connaissance :

La première, en entrant en contact avec l’esprit inconscient de ceux qui sollicitaient ses « lectures » car, d’après ce que Cayce lui-même précisa, l’esprit inconscient garde le souvenir de toutes les expériences par lesquelles est passé l’individu.

Et l’autre, plus difficile à expliquer et à comprendre, était la possibilité qu’il avait d’accéder à ce qu’il appela, suivant les cas, « la mémoire universelle de la nature », « le livre de la vie », « le livre de la mémoire de Dieu » ou simplement « les archives akhasiques ». Ces concepts sont peut-être bien étranges pour de nombreux lecteurs. On pourrait les rapprocher de ce que Carl Jung appela « l’inconscient collectif » ou encore de ce que l’Église catholique appelle « la communion des saints ».

Quoi qu’il en soit, Cayce pouvait utiliser la masse de connaissances de millions d’autres esprits subconscients. Nous ne pouvons pas assurer que les choses furent réellement comme ça, mais ce qui est clair, c’est que, malgré toutes les connaissances scientifiques actuelles, le phénomène Cayce reste inexplicable.

DUNGLAS HOME : L’homme qui défia la gravité

Daniel Dunglas Home est né le 20 mars 1833, dans un petit village près d’Édinbourg (Écosse), d’une famille très humble. Une tante qui n’avait pas d’enfant l’adopta et il passa avec elle son enfance et sa jeunesse. Quand Home avait 9 ans, la famille migra aux États-Unis et s’établit dans le Connecticut.

Home était un enfant sensible, délicat, au tempérament nerveux et à la santé fragile. Très jeune, il commença à présenter des signes de facultés psychiques hors du commun. Alors qu’il avait 17 ans, les fréquents cognements dans les murs de la maison, les déplacements de tables et de chaises, les objets qui volent et autres manifestations, devinrent bientôt insupportables. Le diagnostic des médecins et de l’Église fut catégorique : Home était possédé par le diable et c’était sans remède. Devant une telle situation et après bien des doutes, il finit par être chassé de chez lui.

Il passa alors quelques années sur les chemins d’errance, allant de-ci de-là, sans trop bien savoir que faire de ses « dons ». Il n’accepta jamais d’argent en échange de ses services. Le premier acte public de lévitation contrôlée eut lieu alors qu’il avait 19 ans, en raison d’un congrès de spiritisme célébré dans la ville de Cleveland. Sa réputation et sa crédibilité grandirent car, entre autres choses, ses exhibitions se faisaient toujours à la pleine lumière du jour ou dans des pièces bien illuminées et jamais chez lui. On estime qu’au cours de sa vie, il réalisa plus de mille cinq cents démonstrations.

En 1955, âgé de 22 ans et atteint de tuberculose, il retourna en Angleterre où il fut très bien reçu, car sa réputation était arrivée jusque-là. Le propriétaire de l’hôtel dans lequel il se logeait organisa une séance spéciale à laquelle il invita Lord Brougham et le scientifique Sir David Brewster [2] qui décrivit plus tard à la presse comment il vit s’élever une table.

Mais Dunglas Home ne resta pas longtemps au même endroit. Il se rendit en Hollande, en France, en Russie et en Prusse. Au cours de son séjour à Paris en 1857, invité personnellement par l’empereur Napoléon III, il fit certaines démonstrations devant celui-ci, son épouse, l’Espagnole Eugenia de Montijo et plusieurs personnes de la cour. Au cours de l’une d’elles, il leva, sans la toucher, une lourde table en marbre à plus de quatre mètres de haut.

http://www.the-voicebox.com/homedanialduglas.htm

En Russie, le grand romancier russe Léon Tolstoï assista à l’un des actes de lévitation de Home. Il déclara qu’il vit le moment précis où il abandonnait la chaise sur laquelle il était assis et qu’il l’attrapa par les pieds alors qu’il flottait dans les airs.

Mais parmi ses nombreuses démonstrations de lévitation, les plus connues et les mieux documentées sont celles qu’il réalisa le 13 et le 16 novembre 1868 à Londres. La première eut lieu à Ashley House, rue Victoria. Plusieurs témoins étaient présents dont Sir William Crookes [3]. Au cours de la séance, il put voir Home s’élever du sol à trois reprises.

La séance du 16 eut lieu le soir, chez Lord Adare, au 5 Buckingham Place. Parmi les plus de 20 personnes présentes se trouvait lord Linsday qui rédigea un rapport détaillé de ce que se produisit ce soir-là, confirmé ensuite par les autres personnes présentes. Son récit, de manière très résumée, nous révèle que Home, en état de transe, se rendit dans une pièce voisine. À ce moment-là, Lord Linsday entendit une voix qui lui dit : « Il va sortir par une fenêtre et entrer par l’autre ». Vu le danger d’une telle expérience, puisque la fenêtre se trouvait à 18,5 m du sol, il en fit part à ses amis et tous devinrent très attentifs. Ils entendirent alors s’ouvrir une fenêtre de la pièce voisine et virent presque immédiatement Home flotter horizontalement dans les airs en face de la fenêtre de la pièce dans laquelle ils se trouvaient (la distance entre les deux fenêtres étant de 2,50 m). Après être resté quelques secondes dans cette position, il glissa à l’intérieur les pieds en avant et alla s’asseoir.

En 1871, William Crookes soumit Home à une série d’examens afin de vérifier scientifiquement les facultés de celui-ci. Il adopta toutes les mesures imaginables pour éliminer toute possibilité de fraude. Par exemple, la première chose qu’il fit quand il voulut vérifier la capacité de Home de déplacer des objets à distance, ce fut de l’attacher pieds et poings à la chaise sur laquelle il était assis et de placer l’objet à déplacer à l’autre extrémité de la pièce. Et tout cela à pleine lumière. Au cours de ces tests, aucun des scientifiques présents ne purent détecter la moindre tentative de fraude. Qui plus est, William Crookes publia, dans le numéro de janvier 1874 du Quaterly Journal of Science, l’information suivante (Réf. 6) :

« Il existe au moins une centaine de cas documentés des lévitations de Mr Home en présence de personnes différentes. Et je tiens de la bouche de trois témoins – le comte de Dunraven, Lord Linsday et le capitaine C. Wynne – les détails les plus circonstanciés de ce qui se produisit dans l’un des cas les plus spectaculaires. Si l’on ne veut pas se rendre à l’évidence à cet égard, il faut alors se refuser à admettre tout témoignage humain quel qu’il soit ; car aucun fait, ni dans l’histoire sacrée, ni dans l’histoire profane, ne repose sur des preuves plus solides que celui-ci. Les témoignages accumulés sur les lévitations de Mr Home sont écrasants. »

Entre-temps, son état de santé avait empiré. En 1873, à l’âge de 40 ans, il cessa de pratiquer ses activités paranormales par prescription médicale. Il décéda en 1885, il était âge de 53 ans.

Parmi les livres publiés sur ce personnage, faisons remarquer, pour la grande quantité d’informations qu’ils apportent, les deux ouvrages qu’écrivit sa veuve : « D. D. Home : His Life and Mission » (1888) et « The Gift of D. D. Home » (1890).

SWEDENBORG : Un scientifique clairvoyant

Avant de citer l’étrange expérience que vécut Swedenborg, nous allons faire un petit résumé de sa biographie pour que le lecteur puisse mieux cadrer le personnage.

Emanuel Swedenborg naquit à Stockholm (Suède) en 1688. Il étudia à l’université d’Uppsala, obtenant son diplôme à l’âge de 22 ans. Au cours des cinq années suivantes, il se rendit en Angleterre, en France, en Hollande et en Allemagne afin de connaître les dernières découvertes en science et technique. Il étudia ainsi la physique, les mathématiques, l’anatomie, l’économie, la métallurgie, la minéralogie, la chimie et autres matières.

À l’âge de 27 ans, il retourna en Suède, rêvant d’appliquer ses connaissances à la modernisation et au progrès de son pays, mais il dut faire face à une société très conservatrice et eut assez bien de difficultés à se frayer un chemin. Jusqu’au jour où le roi Charles XII, reconnaissant sa valeur, le nomma Assesseur au Collège des Mines. Il s’y trouva pendant presque 30 ans, avec l’une ou l’autre fluctuation. En 1721, à l’âge de 33 ans, il publia son premier livre intitulé Prodrome des principes de philosophie naturelle (Principes de chimie). Il fut suivi d’autres de caractère technique sur diverses matières, principalement la métallurgie et la biologie.

L’intérêt de Swedenborg ne se limitait pas au secteur scientifique et technique, les questions spirituelles l’attiraient également beaucoup, de plus en plus à mesure que passaient les années. Jusqu’à ce qu’en 1747, âgé 59 ans, il abandonnât volontairement son poste au Collège des Mines, pour se consacrer pleinement à la vie spirituelle. Il publia de nombreux ouvrages sur des thèmes religieux, avec des idées qui choquaient parfois l’orthodoxie chrétienne de cette société. Il décéda à Londres à l’âge de 84 ans.

Emanuel_Swedenborg_full_portrait

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Emanuel_Swedenborg_full_portrait.jpg

Mais tout ceci ne justifie pas son inclusion dans cet article. L’expérience extraordinaire que je vais décrire avec quelques détails eut lieu de manière inattendue alors qu’il avait 71 ans. Il se produisit dans la ville de Göteborg, en juillet 1759. C’était un samedi et Swedenborg était en train de déjeuner avec des amis chez William Castel, un riche commerçant de la localité. Soudain, Swedenborg pâlit et commença à se sentir mal. Il sortit, seul, dans le jardin et au bout d’un moment, il revint très agité, disant qu’un grand incendie s’était déclaré à Stockholm, non loin de chez lui. Il affirma également que le feu s’étendait très rapidement et qu’il craignait qu’il n’atteigne sa maison. Il faut préciser que Stockholm se trouve à près de 450 kilomètres de Göteborg. Et, bien sûr, à cette époque, le téléphone n’existait pas ni rien de semblable.

Quelques heures plus tard, vers huit heures du soir, il rendit grâce à Dieu, très soulagé, et déclara que l’incendie avait été maîtrisé alors qu’il n’était qu’à trois maisons de la sienne. Tous ceux qui étaient présents en furent très impressionnés, certains étaient également très préoccupés car ils avaient des amis et des maisons à Stockholm. Le soir même, l’un d’eux raconta au gouverneur de la province ce qui s’était passé. Celui-ci souhaita vivement parler personnellement à Swedenborg. Le lendemain dimanche, Swedenborg informa le gouverneur et lui donna des détails quant à l’extension de l’incendie et la manière dont il avait été éteint. Étant donné la personnalité de l’auteur, la nouvelle se répandit rapidement dans toute la ville de Göteborg et on ne parla plus que de cela.

Il fallut atteindre le lundi après-midi pour qu’arrivât la première personne de Stockholm. C’était un messager de la chambre de commerce de la ville qui confirma la réalité de l’incendie, ses grandes proportions et autres détails. Tout coïncidait avec ce que Swedenborg avait raconté. Cela fit de lui plus que jamais une figure très populaire.

Quelques années plus tard, le célèbre philosophe Emmanuel Kant étudia et confirma les faits. Au cours de ses recherches, il eut l’occasion de bavarder avec des témoins oculaires qui vivaient encore et qui, du fait de leur position et leur culture, lui parurent irrécusables.

Pour terminer, il faut dire que des gens aussi connus qu’Abraham Lincoln, Saint-Saëns ou Mark Twain eurent également à un moment donné, d’après leurs biographes, des visions d’événements qui étaient en train de se produire à grande distance.

Pourquoi ces personnes sont-elles différentes?

Les facultés exceptionnelles que nous avons décrites dans les trois exemples précédents – et dans d’autres que nous pourrions ajouter – sont si étranges qu’elles posent inévitablement un tas de questions.

La première question pourrait être en rapport avec la constitution, l’anatomie de ces êtres, particulièrement avec leur cerveau. A-t-on rencontré une différence substantielle entre eux et les gens que nous pourrions qualifier de « normaux » ? La réponse est négative, les médecins n’ont rien découvert, ni dans le cerveau, ni dans le reste du corps qui justifie l’apparition des facultés extraordinaires que nous avons citées. Pour utiliser la terminologie des ordinateurs, nous pourrions dire que le « hardware », l’outil (le corps en général et le cerveau en particulier) est le même. Ce qui évidemment n’est pas le même, c’est l’usage que ces personnes particulières ont pu en faire.

On a essayé à diverses reprises de découvrir une corrélation entre les facultés mentales des individus et les caractéristiques physiques de leur cerveau. On pensait, par exemple, que la taille du cerveau devait être en rapport avec l’intelligence, que les plus grands cerveaux correspondraient aux personnes plus intelligentes. Mais ce rapport n’a pas pu être vérifié dans la pratique. Qui plus est, on pourrait presque affirmer que c’est le contraire. On sait par exemple que l’homme de Neandertal avait une taille cérébrale moyenne plus grande que l’homme moderne [4]. Et que la taille cérébrale moyenne des Européens a progressivement diminué depuis quelque 20.000 ans.

D’un autre côté, d’après les anthropologues, depuis l’apparition, il y a quelque 150.000 ans, de l’Homo sapiens sapiens, autrement dit de l’homme actuel, il n’y a eu aucun type de mutation évolutive importante. Ce qui veut dire que notre cerveau (notre hardware) est essentiellement le même que celui que possédait nos lointains ancêtres. Et pourtant, le contexte culturel dans lequel nous vivons, les problèmes que nous devons affronter dans notre vie quotidienne et l’usage que tout cela nous oblige à faire de notre cerveau ressemblent bien peu à ceux de l’homme de l’âge de pierre.

Si la structure de notre cerveau n’a pas expérimenté de changement important pendant tout ce temps, cela veut-il dire que le cerveau de l’homme de l’âge de pierre avait déjà en puissance la capacité de développer des concepts aussi abstraits et aussi complexes que ceux de la mécanique quantique ou de la théorie de la relativité ? Cela veut-il dire que la seule chose dont il avait besoin, c’était d’exercer et de parvenir à développer cette capacité potentielle ?

Et si c’était vrai, serait-il absurde de supposer que dans notre cerveau se trouvent en puissance de nombreuses autres capacités que nous n’avons pas encore développées ? De nombreux chercheurs croient que l’être humain actuel n’utilise encore que très pauvrement les nombreuses possibilités qu’offre notre cerveau. Plus encore, il y en a qui pensent que nous utilisons à peine cinq pourcents de ces possibilités. De ce point de vue, les personnages que nous avons cités dans les pages précédentes n’ont pas à être considérés comme des êtres bizarres. Ce sont simplement des êtres qui, pour des raisons inconnues, ont pu utiliser certaines des possibilités que nous possédons certainement tous, mais sans savoir encore y accéder. Nous reviendrons plus tard sur ce sujet.

RÉFÉRENCES

Étant donné le caractère de divulgation de ces lignes, nous avons beaucoup réduit la liste des références, mais ceux qui désirent de plus amples informations peuvent les trouver en utilisant n’importe quel bon moteur de recherche sur Internet.

  1. Qui fut Edgar Cayce ?, www.edgarcayce.org/espanol/aboutedgar_quien.asp (version de l’auteur, en espagnol) ou www.edgarcayce.org/en_francais/qui_fut_edgarcayce.html (version en français).
  2. Gina Cerminara, De nombreuses demeures, éditions Adyar, 1996.
  3. Edgar Cayce, http://en.wikipedia.org/wiki/Edgar_Cayce (version de l’auteur, en anglais) ou http://fr.wikipedia.org/wiki/Edgar_Cayce (version en français).
  4. Daniel Dunglas Home, http://www.spartechsoftware.com//dimensions/mystical/danielhome.htm
  5. D. D. Home Physical Medium, http://homepage.ntlworld.com/annetts/ark/mediums/d_d_.htm
  6. D. D. Home : His Life and Mission, Cambridge University Press, New York, 2010. Version digitalisée du livre écrit par l’épouse de D. D. Home et publié en 1888.
  7. Emanuel Swedenborg (1688-1772), Biography,
    www.swedenborgstudy.com/articles/E.Swedenborg/aboutswe.htm
  8. Synnestvedt, S., The Life of Emanuel Swedenborg
    www.spiritualfrontier.org/esmain.html
  9. Williams-Hogan, J. K., et Athyn, B., Swedenborg : A Biography, www.newchurch.org.au/about-us/swedenborg-a-biography

[1] Aux directions suivantes, vous trouverez les titres des ouvrages en français : http://www.edgarcaycebooks.org/french/titlesfr.html et http://www.edgarcayce.org/en_francais/are_visite.html

[2] David Brewster était un fameux physicien écossais. En 1815, il découvrit qu’un rayon de lumière pouvait se scinder en deux, l’un reflété et l’autre réfracté, formant un angle droit entre eux. C’est ce que l’on appelle aujourd’hui encore la loi de Brewster. Pour ses travaux scientifiques, il fut fait chevalier en 1832.

[3] William Crookes était un scientifique très connu et respecté. Parmi ses nombreux travaux, il découvrit un nouvel élément chimique qu’il appela le thallium et inventa le tube à rayons cathodiques sous vide. Il fut fait chevalier en 1897.

[4] Martin, R. D. Capacidad cerebral y evolución humana, Investigación y Ciencia, diciembre, 1994.